Oslo, Norvège — Le comité Nobel norvégien a décerné le 9 octobre 2026 le prix Nobel de la paix à Navi Pillay, juriste sud-africaine de 85 ans, pour « ses efforts en faveur de la paix et du droit international ». Ancienne haute-commissaire de l’ONU aux droits de l’homme et juge ad hoc à la Cour internationale de justice (CIJ), elle est la cinquième Sud-Africaine lauréate, après Nelson Mandela et Desmond Tutu. Le comité estime que les tribunaux, et non seulement les armes, peuvent prévenir la guerre.
D’avocate sous l’apartheid à juge mondiale
Née le 23 septembre 1941 à Durban, Pillay grandit dans une famille indienne tamoule pauvre et défend des militants anti-apartheid. En 1967, elle devient la première femme à ouvrir un cabinet d’avocats au Natal. Docteure en sciences juridiques de Harvard (1988), elle entre à la Haute Cour d’Afrique du Sud en 1995. Son travail sous l’Afrique du Sud de l’apartheid l’a convaincue que le droit peut contester la violence d’État.
Chronologie
- 1999–2003 : juge et présidente du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).
- 2003–2008 : juge à la Chambre d’appel de la Cour pénale internationale (CPI).
- 2008–2014 : haute-commissaire des Nations unies aux droits de l’homme.
- 2021–2025 : présidente de la Commission d’enquête de l’ONU sur le territoire palestinien occupé.
- 2019–aujourd’hui : juge ad hoc à la CIJ dans l’affaire Gambie c. Myanmar.
Pourquoi le comité Nobel a choisi Pillay
Le comité cite son rôle pour établir que violences sexuelles, viol et propagande peuvent étayer des accusations de crimes contre l’humanité et de génocide. Au TPIR, elle a contribué à condamner les auteurs du génocide rwandais de 1994. Cheffe des droits de l’homme de l’ONU, elle a documenté des abus en Syrie, au Sri Lanka et ailleurs. Le Nobel salue son apport à un ordre juridique mondial plus complet.
Enquête sur Gaza et controverse
Pillay a présidé la Commission d’enquête indépendante de l’ONU sur le territoire palestinien occupé de 2021 à 2025. En juin 2024, la commission a conclu qu’Israël avait commis des actes génocidaires à Gaza, dont des meurtres et des conditions de vie visant à détruire une population. Israël a condamné le prix, l’accusant de légitimer un parti pris anti-israélien. Cette conclusion alimente les débats sur la responsabilité pour génocide.
Ce que le prix signifie pour le droit international
La récompense place la CIJ et le système onusien des droits de l’homme au centre de l’attention. Pillay siège à la CIJ dans l’affaire Gambie c. Myanmar, qui examine le génocide allégué contre les Rohingyas. Sa reconnaissance pourrait renforcer l’application du droit international humanitaire dans les conflits en cours.
Réactions
Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a salué « une défenseure intrépide de la dignité humaine ». Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a parlé d’« un moment de fierté pour notre nation ». Israël a rejeté le prix, qui « récompense de fausses accusations contre l’État juif ». Les ONG saluent un signal en faveur de la responsabilité juridique.
FAQ : Navi Pillay et le prix Nobel de la paix
Pourquoi Navi Pillay a-t-elle reçu le prix Nobel de la paix ?
Pour son action en faveur de la paix et du droit international, comme juge aux tribunaux pour génocide, à la CPI et cheffe des droits de l’homme de l’ONU.
Navi Pillay est-elle juge à la CIJ ?
Oui. Elle est juge ad hoc à la CIJ dans l’affaire Gambie c. Myanmar depuis 2019.
Que conclut sa commission de l’ONU sur Gaza ?
En 2024, elle a conclu qu’Israël avait commis des actes génocidaires à Gaza, dont des meurtres et des conditions de vie destructrices.
Quel âge a Navi Pillay ?
Elle a 85 ans, née le 23 septembre 1941.
Quels autres Sud-Africains ont reçu le Nobel de la paix ?
Albert Luthuli, Desmond Tutu, Nelson Mandela et F.W. de Klerk ; Pillay est la cinquième lauréate sud-africaine.
Conclusion
Le prix 2026 consolide l’héritage de Pillay comme passerelle entre les prétoires et la paix. Alors que les guerres se poursuivent, ce choix rappelle que le droit international reste un outil essentiel, bien que contesté, pour prévenir la violence.
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